Les cultivateurs font preuve d’une expertise croissante pour garantir une croissance optimale des plantes et approfondissent leurs connaissances sur l’intégrale de lumière quotidienne (DLI) associée à leurs cultures. Afin d’aider les cultivateurs dans leur quête d’informations, Fluence a récemment organisé un webinaire qui a réuni des cultivateurs du monde entier.

Le DLI est la mesure du rayonnement photosynthétiquement actif (PAR) reçu par une zone spécifique du feuillage d'une plante sur une période de 24 heures. La figure 1 illustre la différence entre le DLI et le PPFD. Casey Rivero, architecte de solutions pour le cannabis chez Fluence, a expliqué aux participants au webinaire pourquoi il est important d'optimiser le DLI :

  • Production
  • Durée du cycle
  • Qualité
  • Cohérence
  • Puissance

Au final, bien sûr, tous ces avantages se traduisent par une augmentation des bénéfices.

Schéma comparatif entre le PPFD et le DLI dans la culture du cannabis à l'aide de lampes de culture à LED.

Figure 1 : Différences entre le PPFD et le DLI

Casey a expliqué aux participants au webinaire qu’il existe un seuil de saturation lumineuse à partir duquel la plante ne tire plus aucun bénéfice d’un apport supplémentaire de lumière. Ce seuil de saturation lumineuse varie non seulement d’une espèce à l’autre, mais aussi d’un cultivar à l’autre et selon les caractéristiques génétiques spécifiques. Les cultivateurs expérimentés veillent à déterminer avec précision le DLI qui permet à chaque groupe de plantes d’atteindre son potentiel de croissance maximal, sans pour autant leur fournir un excès de lumière, ce qui pourrait avoir des effets néfastes tant sur les plantes que sur la gestion des ressources.

Les participants au webinaire ont appris que le calcul du DLI dans une serre diffère considérablement de celui effectué dans un environnement intérieur éclairé exclusivement par des luminaires. Il est également important de noter que le DLI optimal d'une plante évolue au cours de son cycle de vie, à mesure qu'elle entre et sort de différentes phases de croissance.

L'un des principaux enseignements de ce webinaire est qu'il n'existe pas de recommandations universelles. Chaque culture est unique, et les producteurs doivent s'efforcer de trouver la combinaison optimale de facteurs afin de maximiser leurs chances de réussite dans leurs exploitations. Casey recommande d'évaluer votre propre stratégie d'éclairage, d'utiliser un luxmètre pour vérifier l'intensité et l'uniformité de la lumière, de mener des essais et de solliciter l'aide d'experts en éclairage, tels que ceux de Fluence.

À l'issue de la présentation, Casey a répondu aux questions des participants au webinaire. En voici quelques-unes :

Q : À quelle intensité lumineuse observez-vous généralement des dommages ou une désactivation du photosystème II ? Quels sont les niveaux maximaux à éviter ?

R : Nous avons remarqué que les différentes variétés réagissent différemment aux intensités lumineuses. Certaines peuvent atteindre un point de saturation lumineuse bien plus rapidement que d’autres. Dans l’une de mes exploitations, j’avais une variété Panama Red qui ne produisait plus rien dès que j’augmentais l’intensité lumineuse au-delà d’environ 900 PPFD. Peu importait la quantité supplémentaire de CO₂, d’eau ou d’éléments minéraux que je lui apportais : cette plante atteignait son pic de production dès que je lui appliquais un traitement lumineux de 900 PPFD. Cela m’a montré que la limite génétique avait peut-être été atteinte à ce niveau précis, et chaque plante possède une limite génétique. Quant à affirmer qu’il existe une limite standard de référence pour toutes les cultures de cannabis, nous n’en sommes pas encore là. J’espère que, d’ici quelques années, nous serons en mesure de définir des valeurs minimales et maximales plus concrètes.

Q : Quelle est la DLI optimale ou maximale à utiliser pour la floraison du cannabis ?

R : Nous menons de nombreuses recherches pour tenter de comprendre ce phénomène. Sur certaines de nos cultures expérimentales, nous avons dépassé les 50, voire les 55 DLI, et obtenu d'excellents résultats. Mais là encore, cela dépend vraiment de la génétique et du système. Nous ne disposons pas encore d'une valeur maximale générale.

Q : Existe-t-il d'autres moyens de modifier le DLI que d'ajouter ou de retirer de la lumière, ou de modifier la hauteur de l'éclairage à l'intérieur ?

R : Le DLI est le résultat de l’intensité lumineuse combinée à la durée d’exposition. Chaque fois que vous modifiez l’un ou l’autre de ces paramètres, ou les deux, la valeur du DLI change. Ainsi, baisser l’intensité lumineuse augmentera la densité de photons sur la plante, ce qui fera augmenter le DLI. Il existe plusieurs moyens, au sein de votre programme, de modifier ce niveau de DLI, soit en ajustant l’intensité lumineuse elle-même, soit en modifiant la durée pendant laquelle les lampes fournissent des photons aux plantes.

Q : DLI peut-il modifier le goût ou la composition chimique de vos produits ?

R : Tout à fait. Vos plantes accumulent ce qu’on leur apporte et réagissent en permanence à cela. Ainsi, si votre plante ne reçoit pas régulièrement une quantité suffisante d’un élément dont elle a besoin pour mener à bien son développement physiologique, elle va présenter des carences à tous les niveaux : dans la production de cannabinoïdes et de terpènes, dans la croissance de la plante et la formation des fleurs, ainsi que dans sa santé, sa vigueur et sa robustesse.

Pour en savoir plus sur le DLI, consultez l'article «Présentation du concept de DLI au monde entier».